Scanner cardiaque

Dans la plupart des cas l'examen est réalisé pour diagnostiquer une coronaropathie ou maladie coronaire.

Cette maladie est définie par une altération des artères coronaires (artères nourricières du myocarde , muscle cardiaque) entraînant une baisse anormale de l'oxygénation du muscle cardiaque. Ceci est le plus souvent lié à des dépôts d'athérome dans l'épaisseur de la paroi de ces artères . Cette maladie peut être silencieuse (sans symptôme permettant de la suspecter) ou révélée par des douleurs dans la poitrine ou un essoufflement particulier à l'effort. Une de ses complications les plus sévères est l'infarctus du myocarde ("crise cardiaque") parfois mortel. Différents moyens sont utilisés pour la diagnostiquer : ECG au repos, test d'effort, différents tests d'ischémie (scintigraphie, échographie cardiaque de stress) ou la coronarographie qui est décrite dans un autre chapitre.

Le scanner cardiaque ou coroscanner permet une imagerie du cœur et des artères coronaires. Cette technique est développée depuis la fin des années 90 mais les progrès ont été très significatifs ces dernières années en terme de qualité des images obtenues et de dose de rayons X délivrée lors de l'examen. Cette imagerie en scanner est moins précise que la coronarographie mais la qualité des images obtenues sur les scanner actuels (64 coupes et au delà) permet le plus souvent un diagnostic de présence ou absence de lésion coronaire . Si le scanner réalisé ne montre pas de lésion coronaire, il y a de très fortes probabilité pour que les artères coronaires soient saines ( très bonne valeur prédictive négative de 97 à 99%).

En pratique un scanner coronaire vous sera prescrit en cas de symptômes évoquant une possible maladie coronaire ou si des tests cardiologiques réalisés auparavant ne sont pas suffisamment concluants.

Le scanner est un tube délivrant des rayons X qui effectue une rotation continue permettant l’exploration d’un volume. Les données informatiques ainsi recueillies permettent la reconstruction du volume en une image en deux ou trois dimensions .

Le scanner cardiaque est un scanner thoracique avec injection de produit de contraste. L'acquisition est centrée sur le massif cardiaque ; elle est synchronisée au rythme cardiaque pour éviter les artefacts de mouvements liés aux battements du cœur. L'acquisition des images par le scanner dure 10 à 15 secondes. Pendant cette acquisition le patient doit réaliser une apnée (arrêt des mouvements respiratoires). Durant l'acquisition, le rythme cardiaque doit être relativement lent (fréquence cardiaque entre 50 et 70 coups par minute) et régulier pour que la qualité des images soit optimale.

Lors de la prise de rendez-vous, il vous sera posé quelques questions afin de vérifier l'absence de contre-indications même transitoires, à la réalisation de l'examen de scanner. La liste des rares contre indications de cet examen est donnée plus bas.

Pour réaliser l'examen de scanner il faut être à jeûn pendant environ 4 heures mais vous pouvez prendre vos traitements habituels avec un petit peu d'eau.

Entre la période d'attente de l'examen de scanner et la fin de la surveillance après l'examen vous serez immobilisés dans le service de radiologie entre 1h30 et 2 heures.

Dans les heures suivantes l'examen il faut éviter les efforts importants en raison des médicaments qui ont pu être administrés et dont l'effet persiste entre une et trois heures après l'administration.

Dans tous les cas il vous sera demandé de bien vous hydrater dans les 24 heures suivantes pour favoriser l'élimination du produit de contraste injecte.

Avant l'examen une voie veineuse de bon calibre est mise en place au niveau de l'avant bras pour l'injection de produit de contraste iodé. Les manipulateurs radio prendront le temps de vous expliquer le déroulement de l'acquisition de scanner et comment réaliser la brève apnée nécessaire . Pendant tout l'examen vous entendrez la voix du manipulateur vous répéter les mêmes ordres simples.

Avant l'acquisition des images le médecin décidera si vous devez recevoir un médicament pour ralentir le cœur (bêtabloquant type atenolol 2.5 à 10 mg en injection). Vous recevrez un spray de trinitrine (vasodilatateur qui améliore la qualité des images et dont l'action dure moins de 10 minutes.

Après l'acquisition des images vous patienterez 30 à 45 minutes et le médecin vous verra pour vous donner le résultat de l'examen et répondre à vos questions. Le plus souvent le patient repart avec les images, le CD ROM, et le compte rendu de l'examen. Un double du compte rendu est envoyé au médecin qui vous a prescrit cet examen.

  • Allergie : vous devez signaler lors de la prise de rendez-vous toute allergie, notamment les allergies aux produits iodes. Le cas échéant un traitement pour prévenir les réactions allergies ( à prendre dans les 24 heures précédant l'examen), vous sera prescrit au moment de la prise de rendez-vous.
  • Insuffisance rénale : un bilan biologique est aussi prescrit, à réaliser avant l'examen. Il permet de vérifier l'absence de problème rénal qui pourrait contre indiquer l'examen de scanner. L'insuffisance rénale sévère est une contre indication à cet examen en raison de l'injection de produits de contraste iodés.
  • Claustrophobie : il n'y a pas normalement de problème car le scanner est un tube ouvert et le patient peut communiquer en permanence avec les manipulateurs de radiologie qui réalisent l'examen.
  • Asthme : l'asthme réel n'est pas une contre indication au scanner lui- même mais une contre indication aux médicaments bêta bloquants fréquemment utilisés pour ralentir le cœur si la fréquence cardiaque est au delà de 70 coups par minute.
  • Exposition au radiations ionisantes : elle est très faible et adaptée au poids et à l'âge du patient. Le plus souvent l´irradiation recue lors d'un examen de coroscanner est equivalente ou inferieure a l'exposition humaine naturelle aux rayonnements ionisants. Cependant chez les femmes en période d'activité génitale, il est conseiller de realiser l'examen pendant les 8 premiers jours du cycle.

Elles sont très rares et l'examen est considéré comme "non invasif" :

  • Allergie sévère au produit de contraste nécessitant une injection de corticoïdes et une surveillance hospitalière de 12 à 24 heures.
  • Extravasation de produit de contraste cutanée. Au point d'injection sur des veines fragiles ; douleur et œdème inflammatoire localisés. Arrêt de l´examen et traitement par des pansements locaux et une réévaluation par examen clinique 1 à 3 jours après.
  • Nausées et maux de tête peuvent survenir pendant quelques minutes après l'injection de produit de contraste.

Imagerie au CO2

Le C02 est utilisé depuis les années 70 comme produit de contraste intravasculaire. L’utilisation récente d’un injecteur automatique permet d’obtenir une meilleure imagerie. Le CO2 est moins dense que l’iode et nécessite des protocoles spécifiques développées dans les salles de cathétérisme vasculaire récentes (Siemens ,Philips). L’avantage du C02 est de ne pas avoir de toxicité rénale en particulier chez l’insuffisant rénal et le diabétique. Il est bien toléré et ne provoque pas de réaction allergique. Plusieurs exemples (examens réalises sur notre site) suivent.

6 mois d’expérience des traitement endovasculaire au CO2 dans l’artérite des membres inférieurs

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Angioscanner

Le plus souvent un geste de dilatation artérielle est indiqué sur les données de l’échodoppler. L’échodoppler, examen non invasif, permet, entre des mains expertes, de préciser les rétrécissements artériels et les zones d’occlusion.

Avec ces données d’échodoppler, l’artériographie constituera le premier temps de l’angioplastie.

L’angioscanner qui utilise les rayons X peut être indiqué, de façon non systématique si l’on a besoin de préciser les lésions artérielles, leur localisation ou si elles apparaissent à plusieurs étages. Elle réalise ainsi une cartographie artérielle. De nombreuses calcifications des parois peuvent gêner son interprétation.

C’est un examen rapide (moins de 5 minutes) et dont la qualité d’image est supérieure à celle de l’angio-IRM qui lui est un examen de réalisation longue (environ 20 à 30 minutes).

L’angioscanner permet des mesures précises en particulier la taille des anévrismes assurant leur suivi avant tout geste thérapeutique et lorsqu’a été implanté une endoprothèse.

L’injection d’iode nécessite les précautions habituelles, en particulier chez l’insuffisant rénal ou le diabétique. Un dosage sanguin de la créatinine est réalisé systématiquement avant l’examen et suivant les cas une semaine à 10 jours après.

Les accidents d’intolérance à l’iode peuvent être prévenus par une prémédication adéquate.