Traitement endovasculaire de l'artérite et de l’hypertension artérielle

La sténose ou diminution du diamètre de l’artère (d’au moins 60% ) peut être responsable de symptômes :

  • Douleurs (claudication) à type de crampe dans le mollet ou dans la fesse après un effort de marche ( 100 à 200 mètres) obligeant à s’arrêter, et souvent assimilé à des douleurs évoquant une « sciatiques », voire douleurs en position allongée, la nuit obligeant à se lever ou à des « ulcères » de la jambe ou du pied à un stade plus évolué.
  • Hypertension artérielle récente ou qui s’aggrave, détérioration du rein (insuffisance rénale).

Ce rétrécissement est dû à l’athérome (dépôts graisseux ) et favorisé par le tabac , le diabète, un taux de LDL cholestérol élevé dans le sang, l’hypertension artérielle, la sédentarité….

Corriger ce rétrécissement vise à faire disparaître les symptômes, ou pour l’artère rénale à faciliter le traitement de l’ hypertension en diminuant les médicaments et d’éviter ses conséquences cardiovasculaires ( infarctus du myocarde) ou cérébrales ( paralysie.. ).

Le plus souvent ce rétrécissement a été confirmé par un « doppler », examen avec des ultrasons, qui le localise et apprécie son importance. On peut en complément avoir recours à un « Angioscanner »qui utilise les rayons X ou à un examen par résonance magnétique « IRM » pour préciser les anomalies.

  • Les médicaments contre le diabète, l’hypertension artérielle, le cholestérol sont de toute façon indispensables, ainsi que l’arrêt du tabac pour diminuer le risque d’évolution de la maladie et éviter les récidives après la dilatation. Par exemple, la tension artérielle doit ainsi rester en dessous de 14/9.
  • Le traitement par la chirurgie est possible. Il s’agit d’une reconstruction avec un pontage utilisant une veine ou du matériel synthétique.

Si les résultats sont bons, comparables à la dilatation, la chirurgie présente des risques plus importants, est plus coûteuse et la durée de séjour à l’hôpital est plus longue. Elle nécessite une anesthésie générale.

Elle reste utilisée en cas d’échec de la dilatation ou d’impossibilité de celle-ci, si les lésions sont trop évoluées.

Ni dilater, ni opérer ?les médicaments n’agissent pas sur le rétrécissement de l’artère par l’athérome : il va s’aggraver dans un cas sur deux, pouvant aller jusqu’à ce que l’artère se bouche avec un risque d’amputation de jambe ou de mort d’un rein s’il s’agit de l’artère rénale.

Elle nécessite l’introduction dans l’aine, au pli du coude, ou au niveau du poignet, d’un petit tuyau ou « cathéter » : une ecchymose ou un hématome peut se produire à l’endroit de la ponction. Ils disparaissent en quelques jours ou semaines. La petite taille de ces cathéters fait que les hématomes sont moins nombreux et moins graves. Des dispositifs de « fermeture artérielle » sont disponibles.

L’injection dans l’artère de produits à base d’iode peut entraîner des réactions le plus souvent modérées à type d’éruption cutanée ou de nausées fugaces.

Des réactions plus graves d’allergie (avec baisse de la tension, difficultés respiratoires) peuvent nécessiter des gestes de réanimation en urgence.

Ils doivent être prévenus par un traitement médicamenteux adéquat.

Le risque de complications graves ne doit pas dépasser 1% des dilatations, dans un centre spécialisé où sont présents un service de réanimation et un service de chirurgie vasculaire.

Une consultation avec le médecin Radiologue Interventionnel qui vous expliquera le déroulement de la procédure, répondra à vos questions et vous fera signer un « consentement éclairé ».

Une consultation avec un médecin Anesthésiste, permettant de contrôler vos examens de sang (fonctionnement rénal, tests de coagulation..), et l’électrocardiogramme.

Vous devez lui signaler vos allergies éventuelles (iode, aspirine) afin qu’il vous prescrive un éventuel traitement dans les jours précédant l’intervention.

Vous devez rassembler tout votre dossier (écho-doppler, Angio-scanner, Angio-IRM, Artériographie) pour l’hospitalisation.

Vous serez hospitalisé la veille de la procédure. Vous serez à jeun dans les 6 heures précédentes. L’endroit de la ponction sera rasé et une perfusion sera mise en place, pour administrer des médicaments rapidement et efficacement.

Vous serez installé en position couchée sur le dos, l’endroit de la ponction (aine, pli du coude ou poignet) est désinfectée et vous serez recouvert de champs stériles. Le médecin « opérateur » est lui aussi habillé stérilement. Il pratiquera une anesthésie locale. Une dose d’anticoagulants est injectée.

  • Le cathéter sera introduit dans l’artère. Sa progression dans le système artériel est indolore et suivie sur un écran de télévision (utilisation de rayons X.)
  • Le ballon fixé à son extrémité est facilement repéré par deux marqueurs. Il est ainsi placé au niveau du rétrécissement et gonflé pendant environ une à deux minutes avec un contrôle de la pression.
  • Si le résultat obtenu n’est pas satisfaisant ou souvent d’emblée , on sera amené à mettre en place un « stent » ou endoprothèse, petit grillage métallique ressemblant à un ressort de longueur et de calibre adapté à la taille de l’artère.

Le stent est positionné sur un ballon et restera accolé à la paroi de l’artère puis définitivement intégré dans celle-ci. Le ballon est lui retiré avec le cathéter.

Il peut s’agir d’un stent « auto-expansible », sans ballon, qui a une longueur et un calibre donné à 37° (mémoire de forme).

La mise en place d’un stent nécessite de prendre un traitement médicamenteux à base d’aspirine associée à un autre antiagrégant type Plavix, pour éviter la formation de caillots à son contact, par l’agrégation des cellules plaquettaires du sang circulant.

Une compression manuelle de l’endroit ponctionné est ensuite effectuée pendant un quart d’heure ou bien il sera mis en place un système de fermeture particulier qui permet d’éviter un saignement ultérieur. Vous resterez cependant allongé pendant une période de 6 à 12 heures.

Vous resterez hospitalisé 24 heures après la dilatation. Un doppler de contrôle sera réalisé avant la sortie.

Il se situe entre 95% et 100%.

Vous serez suivi (e) dans les semaines qui suivent, à 1 mois, puis périodiquement en fonction des résultats obtenus .

Les médicaments antiagrégants seront associés pendant 1 à 2 mois puis un seul sera poursuivi à long terme.

Si l’on suspecte une récidive (réapparition de douleurs, élévation de la tension..), un doppler sera pratiqué pour la confirmer.

L’artère pourra alors être dilatée à nouveau et un stent mis en place s’il n’y en pas déjà (Rétrécissement à un autre endroit).

Cette récidive survient surtout dans les 3 à 6 premiers mois dans une proportion variable de cas, fonction en particulier de la taille de l’artère traitée.

Cette récidive doit être prévenue par des mesures d’arrêt du tabac, un régime, et la prise de médicaments pour le cholestérol, l’hypertension et le diabète, et la pratique d’exercices physiques.

Des ballons et des stents dénommés « Actifs » sont enduits d’un médicament (Paclitaxel) qui diminue de 50% le risque de nouveau rétrécissement au niveau de l’artère dilatée: ils sont utilisés actuellement avec succès dans les artères fémorales et poplitées.

Les stents actifs implantés nécessitent de prendre pendant 2 mois deux médicaments aspirine et thienoperidine.